Je passais d'un jeu rétro à l'autre sur mon Anbernic RG353V quand je me suis rendu compte qu'il me manquait quelque chose dont je ne pensais pas avoir la nostalgie : ces gadgets qui avaient l'air bon marché.
Je ne parle pas de mauvaise technologie, de technologie défectueuse, ni d’une nostalgie sentimentale selon laquelle tout était mieux à l’époque où les piles fuyaient et où les écrans avaient l’angle de vision d’un reçu de banque.
Je parle d’appareils dont l’aspect était évident. Les commandes s’imposaient d’elles-mêmes. La coque en plastique ne prétendait pas être un bijou. Les ports étaient bien visibles, pas cachés à l’intérieur d’un petit cercueil mystérieux sans coutures. C’est exactement pour ça que j’ai acheté cette réédition de la Game Boy Color.
Elle ne remportera pas de prix de design, mais elle est sincère et je l’ai comprise.
Quand les boutons ressemblaient encore à des boutons
Ce genre de clarté physique était autrefois omniprésent. Une Game Boy Color n’avait pas besoin de me murmurer « modèle d’interaction » à l’oreille. Elle avait un D-pad, des boutons frontaux, un emplacement pour cartouche et suffisamment de joints pour que l’ensemble donne l’impression d’une petite machine conçue pour les doigts humains. Il suffisait de la regarder pour savoir ce qu’il fallait appuyer, ouvrir, changer ou brancher.

Les gadgets modernes vont souvent dans la direction opposée. Les téléphones sont devenus des rectangles de verre. Les écouteurs sont devenus de minuscules haricots brillants. Les ordinateurs portables sont devenus de fines plaques de métal avec moins de ports et moins d’indices physiques.
Pour être honnête, il y a de bonnes raisons à cela : des boîtiers plus fins, des surfaces plus épurées, une meilleure durabilité et une résistance à l’eau plus facile à obtenir. Pourtant, ils ont souvent l’air plus chers tout en semblant moins accessibles.
À un moment donné, « haut de gamme » a commencé à signifier « cacher le gadget ».
Quand le plastique transparent donnait vie à la technologie
Le plastique transparent semble encore étrangement radical pour la même raison. Ces coques transparentes des années 90 étaient bon marché, tape-à-l’œil et sans aucune subtilité, mais elles laissaient entrevoir la machine. On pouvait voir les couches, les vis, les circuits imprimés et de petits organes de science-fiction factices. Même lorsque la transparence relevait davantage du spectacle que de la fonctionnalité, elle donnait à l’appareil un aspect ludique plutôt que hermétique.
Cet engouement n’a pas disparu. Nothing utilise la transparence pour rendre les téléphones et les écouteurs moins anonymes. Playdate transforme un petit appareil portable jaune et une manivelle en une personnalité à part entière. CMF by Nothing mise sur la couleur, les pièces modulaires et les commandes visibles. La renaissance colorée de l’iMac d’Apple a donné l’impression d’une petite fissure dans le mur argenté et gris sidéral.

Je ne regarde pas ces produits en pensant que le passé a gagné. Je pense simplement que beaucoup de gadgets d’aujourd’hui auraient tout intérêt à se détendre un peu.
Quand « bon marché » rimait avec « lisible »
Les technologies d’aspect bon marché n’étaient pas toujours charmantes par choix. Parfois, elles avaient l’air bon marché parce qu’elles l’étaient. Le plastique grinçait, les couleurs se décoloraient et les charnières se desserraient après un usage intensif. Certains appareils avaient l’assurance d’un jouet trouvé à la caisse d’une pharmacie.
Mais cela faisait partie de leur charme. Ils ressemblaient à des outils, des jouets et des petites machines plutôt qu’à des accessoires de mode. Ils offraient des poignées, des fentes, des rainures, des boutons et une invitation visuelle à les utiliser. La technologie moderne donne souvent l’impression de vouloir survivre dans une salle d’exposition plutôt que dans un sac à dos.
C’est ce que m’a rappelé mon Anbernic. Je n’ai pas besoin que tous les appareils redeviennent violets transparents, même si je ne m’en plaindrais pas. C’est juste que ça me manque, l’époque où la technologie ressemblait moins à une audition pour le hall d’un hôtel de luxe et davantage à un gadget qui savait qu’il avait le droit d’être un gadget.